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COMBIEN DE SAISONS DURE CHAQUE VICTOIRE ?
commande publique
en hommage à Gisèle Halimi
inauguration le 18 sept.
Ville de Rouen
MARIANNE MISPELAËRE, POLITIQUE DE LA LANGUE
Mediapart, 2026
À VENIR

J’écoute et j’observe les relations sociales, le langage (langues, gestes, silences) — ce qu’il fait sur ses usagers et usagères, ce que celleux-ci lui font. J’étudie ses transformations et sa structure pour repenser ses formes conventionnelles. Ma matière première relève de zones de contact : rencontres, échanges, transmissions, collaborations, emprunts, négociations, affrontements. Que se passe-t-il entre nous, en nous, tout au long de l’infinie tâche politique qu’est le côtoiement ?
Mes gestes sont simples, précis, inspirés de phénomènes actuels et sociétaux. Je déplace et fais se rencontrer des corps, des langues, des signes, des représentations visuelles (images), façons de dire, de raconter et de penser notre environnement proche ou lointain. À travers des interventions souvent minimales, mon approche de l’art en fait un espace de réflexion critique et d’expériences partagées, un « outil » pour lire la société.
Les modes de communication alternatifs sont centraux : là où le récit existe alors que les mots semblent inadaptés ou inaudibles. Le silence, le vide, le moindre geste y proposent d'autres lectures de nos sociétés contemporaines et de l’Histoire. Quels rôles l’invisible occupe-t-il pour nous aider à lire le monde ? Comment agit-il sur nos regards ? Sur certains corps, certains récits, paroles tues, espaces publics disparus ? Comment agit-on avec lui ? Outils d'oppression, comment le silence, la discrétion peuvent-ils à leur tour faire langage ?
Répondant souvent à des protocoles, mon travail s’incarne via une variété de médiums : dessin mural, action performative, image photographique, vidéo, film, typographie, texte, édition, installation. Il est souvent amené à être activé, interprété (par moi ou par d'autres), privilégiant l’in situ et l’éphémère.